Le monde faux païen n’est pas une fatalité, car l’existant dépend avant tout de l’Autre absolu duquel peut venir par révélation une rupture, “du nouveau sous le soleil”. “Et il faut simplement, pour que le monde juste advienne, commence à advenir, que l’homme fasse sienne cette rupture, se l’approprie, la répète, lui donne vérité. Or rupture et vérité, cela définit l’institution, qui est l’altérité absolue du monde et son essence” écrit Juranville. Le monde juste n'est donc pas une utopie future mais le monde actuel dans la mesure où il est structuré par le droit et la démocratie représentative. Le droit garantit la reconnaissance universelle des individus, tandis que la démocratie représentative assume la finitude humaine en maintenant ouverte la possibilité de corriger et de renouveler les décisions collectives. La justice ne consiste donc pas à instaurer un ordre parfait ou définitif, mais à organiser un monde où des êtres finis peuvent être reconnus comme libres et responsables. Il n'existe aucune autre forme de justice politiquement possible pour des hommes marqués par la finitude.
MONDE, Institution, Rupture, Justice
“L’homme est-il condamné à vivre dans un monde sacrificiel païen où rien de nouveau ne se produit sous le soleil ? Doit-il désespérer du monde juste où la création serait ouverte à chacun ? Il est sûr que par lui-même l’homme est inéluctablement entraîné vers la violence sacrificielle. Mais il dépend aussi de l’Autre absolu vrai, duquel peut venir et vient – vient pour la philosophie parce qu’elle n’aurait pas pu apparaître sinon, vient par la Révélation – une rupture, une libération, du nouveau sous le soleil. Et il faut simplement, pour que le monde juste advienne, commence à advenir, que l’homme fasse sienne cette rupture, se l’approprie, la répète, lui donne vérité. Or rupture et vérité, cela définit l’institution, qui est l’altérité absolue du monde et son essence.”
JURANVILLE, 2017, HUCM
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