Nous sommes en droit d’affirmer, comme Hegel, que l’histoire a bien une fin réelle ; mais aussi, comme Rosenzweig et au-delà de Hegel, qu’elle est déterminée décisivement par les révélations juive et chrétienne et non par la seule raison ; mais encore comme Heidegger et au-delà de Rosenzweig, qu’elle comprend bien une structure en cinq époques ; et enfin, comme Juranville et au-delà de Heidegger, que la dernière époque est effectivement la dernière : elle correspond à la fin de l’histoire telle que nous la vivons aujourd’hui, marquée par la fondation de l’État d’Israël, sa reconnaissance internationale et la possibilité pour la philosophie de se poser comme savoir accompli. Le principal obstacle à l’avènement d’un monde juste (la fin de l’histoire) réside dans le refus fondamental de l’homme, enraciné dans sa finitude radicale. Ce refus ne peut être surmonté par l’homme lui-même, mais exige l’intervention de l’Autre absolu sous la forme d’un savoir. Ce savoir n’est ni celui de l’identité propre au monde de la culture, ni celui de l’altérité propre au monde traditionnel, mais celui de l’identité se reconstituant à partir de l’altérité : il est savoir de l’existence. Ce savoir est la philosophie elle-même, conçue comme essence du monde historique et comme principe moteur de l’histoire. La philosophie assume alors une fonction totalisante : elle donne leur vérité aux différents mondes historiques — monde de la culture (fondé sur l’art et les religions asiatiques), monde traditionnel (fondé sur la religion, notamment l’islam), et monde historique proprement dit (fondé sur les révélations juive et chrétienne).
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HISTOIRE, Philosophie, Savoir, Altérité
“C’est la philosophie qui est ainsi l’altérité absolue du monde historique et son essence. Mais, si elle est l’essence du monde historique et ce qui veut l’histoire, elle donne aussi, on l’a vu, leur vérité au monde de la culture et au monde traditionnel. Et si, en tant qu’essence du monde historique, elle suppose les révélations juive et chrétienne, prolongeant la première, ayant besoin de la seconde pour pouvoir espérer accomplir sa visée, elle fait aussi référence aux religions asiatiques, et suprêmement au bouddhisme, pour autant que l’inspiration de ces religions est la condition de l’art en tant qu’essence du monde de la culture. Et elle fait référence aussi à l’islam, pour autant que la religion est l’essence du monde traditionnel élevé à sa vérité. Ainsi la philosophie (troisième forme de l’esprit absolu selon Hegel, après l’art et la religion) porte tout l’édifice de l’histoire universelle et, conformément à l’exigence qui était celle de Leibniz et de Hegel, y montre la réalisation, mais par l’homme sans Dieu aussi bien que par l’homme avec Dieu, du plan de la Providence.”
JURANVILLE, 2017, HUCM
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