Le sujet fini doit vouloir sa solitude d’individu, condition de son autonomie, mais il en éprouve simultanément l’horreur. Il a donc besoin d’un Autre qui lui donne, sans cesse à nouveau, les conditions d’une séparation heureuse. La famille est le lieu de cette médiation : elle n’abolit pas la solitude, mais la rend vivable par l’échange de grâce entre le sujet et l’Autre. La famille est ainsi définie comme communication, non au sens d’un échange d’informations, mais comme transmission de l’ouverture à l’Autre. Communiquer, c’est d’abord communiquer la possibilité même de la communication, puis signifier à l’Autre un sens déterminé librement constitué dans l’autonomie. Ce qu’avait avancé Kierkegaard : « le secret de la communication consiste justement à rendre l’autre libre ». Celui qui communique renonce alors à la maîtrise et devient chose, permettant à l’Autre d’advenir à son tour comme être de chose. Originairement, la famille assurant la communication est, pour le sujet, la mère. Elle occupe la place centrale de la Chose, telle que Lacan l’a mise en évidence : lieu premier de l’accueil, de la grâce et de la possibilité d’une séparation non destructrice.
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FAMILLE, Communication, Autonomie Mère
“La communication communique à l’Autre l’autonomie, la reconstitution du sens dans l’autonomie, la jouissance pure prise à ce sens. Dans cette communication, celui qui communique est alors chose - et il fait advenir, en l’Autre, l’être de chose. Ce qui débouche certes sur la communication du savoir, et donc sa reconnaissance objective. Mais d’abord la famille en tant qu’elle communique et reçoit la communication est, pour le sujet, la mère. C’est la mère avant tout qui occupe, pour lui, la place centrale, soulignée comme centrale par Lacan, on l’a vu, de la chose.”
JURANVILLE, 2000, INCONSCIENT
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