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ETHIQUE, Bien, Beau, Savoir

De même que le beau est l'absolu dans la réalité, le bien est l'absolu dans sa vérité ; de même que le premier dispense la grâce, le second dispense l'élection - puisque par nature le bien sera rejeté (de la sphère esthétique, sentimentale) et devra s'imposer comme devoir et volonté, dans la pure sphère éthique. Mais comment faire du bien un savoir ? Là où le beau était en soi écriture, le bien est en soi lecture, appel à la lecture - certes d'abord des "Ecritures" - pour accéder à sa propre écriture. De même que le savoir du beau se réalise dans l'art, le savoir du bien se réalise dans la religion en tant qu'elle est d'abord savoir de l'altérité. Altérité de l'Autre absolu d'abord, puis celle de l'autre homme ensuite, dont l'éthique me tient pour responsable selon Levinas.


"[L'éthique] On y éprouve sans cesse la contradiction, avec le risque toujours de fuir et l’existence et l’exigence toujours de l’assumer entièrement. On y est sur le plan, non plus du sentiment, mais de la volonté. On y envisage l’objet, d’abord (à la différence du beau) sans incarnation (non pas tel objet singulier), comme le bien. De même que le beau, il advient toujours, pour l’être fini qu’est l’homme, imprévisiblement (« Le Bien investit la liberté – il m’aime avant que je ne l’aie aimé », dit Levinas). Il est, non pas comme le beau l’absolu dans le réel, mais l’absolu dans sa vérité, en tant qu’il doit être confirmé, reconstitué, réalisé par l’existant."
JURANVILLE, 2024, PL

BEAU, Esthétique, Bonheur, Savoir, WITTGENSTEIN

Le beau est l'absolu dans la réalité, dispensant sa grâce - mais d'abord pur objet de jouissance. Or la confrontation avec ce qui n'est pas lui contraint à poser le beau comme tel, à soutenir le jugement de goût. Celui qui tient quelque chose pour beau attend des autres une même appréciation (comme Kant, déjà, l'avait souligné) mais cela n'est possible que s'il le recrée lui-même de quelque façon, s'il s'affronte lui-même à la finitude (pulsion de mort) et au vide intérieur que l'objet, dans sa sublimité, ne fait que creuser. De cette vraie beauté - celle qui transcende les "règles de l'art" couramment admises - aucune esthétique ne saurait rendre compte, affirme Wittgenstein, il faudrait juste en attendre une sidération heureuse. Juranville de protester : ce n'est pas parce que la science achoppe devant l'émotion esthétique et le beau en général, que celui-ci ne peut pas faire l'objet d'un savoir véritable, philosophique, parfaitement transmissible.


" Wittgenstein répète après Nietzsche la formule de Stendhal que le beau est « une promesse de bonheur » (« Le beau  est justement ce qui rend heureux, dit-il »). Ce qu’il faut là encore finalement, c’est voir comment on peut parvenir à dire jusqu’au bout cette esthétique, précisément  l’essentielle, celle du beau, à lui donner objectivité pleine, à en faire un savoir (qui ne sera en rien la science dont parlait ironiquement Wittgenstein). Comment on peut transformer l’interjection en objectivité."
JURANVILLE, 2024, PL

BEAU, Grâce, Absolu, Finitude

Le beau est l'essence même de la grâce, et l'instrument de la véritable libération. En effet la beauté représente l'absolu qui se manifeste dans le réel, révélant à l'homme une finitude qu'il suppose - à travers l'émotion esthétique - partagée par tous.


"Le beau est, aux yeux de tous, l'absolu surgissant dans le réel, ce qui révèle à l'homme sa finitude et, la portant lui-même, suppose les hommes à même de la porter à leur tour. La philosophie qui reprend l'affirmation de l'inconscient se donne à nouveau comme perspective la justification objective du beau."
JURANVILLE, 2015, LCEDL