Selon Rosenzweig la philosophie ne conduit pas à une fin de l’histoire comprise comme réalisation de la justice, celle-ci étant réservée à une dimension eschatologique. Il écrit : “Le peuple juif n'aurait plus aucun droit à sa propre éternité si l'Etat réussissait à réaliser ce à quoi il aspire”. Ce faisant il refuse de poser la finitude du peuple élu et n’anticipe malheureusement pas l’Holocauste. Or cet événement dévoile la nature réelle de la haine antisémite : non plus justifiable par l’accusation de déicide, désormais caduque, elle apparaît comme une pure haine de l’élection, identique à celle exercée contre le Christ. Cette violence relève d’une structure sacrificielle universelle par laquelle le sujet social cherche à détruire l’individu porteur de singularité. Freud avait bien repéré dans l’antisémitisme une survivance païenne et une haine du christianisme lui-même. Symétriquement, la protestation juive contre le Christ devient dérisoire, car la violence ne procède pas de la grâce chrétienne, prétendument intolérante envers l’élection, mais d’une interprétation gnostique qui oppose radicalement monde et salut. Dès lors, seul le maintien du lien à l’Ancien Testament permet au christianisme d’éviter cette dérive et de résister à une repaganisation, ouvrant la voie à une réévaluation des rapports entre judaïsme et christianisme après l’Holocauste.
HOLOCAUSTE, Judaïsme, Christianisme, Antisémitisme, ROSENZWEIG
HOLOCAUSTE, Judaïsme, Christianisme, Histoire
À partir de l’Holocauste, la “scission éternelle” entre judaïsme et christianisme devient intenable. Le peuple juif, confronté à la possibilité de sa destruction historique, entre pleinement dans l’histoire universelle en fondant l’État d’Israël, reconnaissant ainsi sa finitude humaine et, implicitement, la singularité du Christ telle que posée par le christianisme. Symétriquement, le monde historico-chrétien prend conscience que la violence exercée contre les Juifs reproduit la violence sacrificielle de la Passion du Christ, révélant son propre échec à accomplir l’exigence d’élection et d’imitation du Christ, ainsi que les affects d’envie et de haine qui en ont résulté. Dès lors, la vérité historique impose une double reconnaissance : implicite du christianisme par le judaïsme, explicite du judaïsme par le monde chrétien.
HISTOIRE, Judaïsme, Christianisme, Fin de l’Histoire, ROSENZWEIG
Il faut reconnaître à Rosenzweig un rôle décisif dans la philosophie contemporaine en ce qu’il réintroduit, à la suite de Kierkegaard et dans le prolongement de Hegel, une conception de l’histoire universelle fondée sur la révélation juive, reprise ensuite par la révélation chrétienne. Cette révélation institue une communauté réelle et une loi, réalisant d’emblée ce vers quoi l’histoire tend. L’histoire universelle devient alors le mouvement par lequel les peuples, notamment chrétiens, se rapprochent de cette fin déjà réalisée dans le judaïsme. Toutefois, Rosenzweig refuse la synthèse hégélienne : il ne reconnaît pas dans la Trinité chrétienne la matrice d’un savoir philosophique absolu. Il maintient au contraire une dualité irréductible entre judaïsme et christianisme, que les peuples chrétiens ne pourront jamais dépasser. Juranville d’en conclure : “il n’y a pas plus pour Rosenzweig de véritable fin de l’histoire que de savoir philosophique qui pourrait se poser comme tel.”
EPOQUE, Institution, Vérité, Savoir
L’histoire se compose de cinq grandes époques, chacune définie par un mode d’accès à la vérité, un type de savoir, et une institution sociale correspondante, tout en comportant toujours un double mouvement : affirmation de l’absolu puis refus de celui-ci par le sujet social. - Dans l’Antiquité, s’ouvre le moment de l’objectivité absolue avec l’affirmation socratique de l’idée, comprise comme vérité venant de l’Autre et présente en chacun. Cette rupture avec le système sacrificiel introduit un premier savoir, celui de l’idée ou du sens originaire. Dans l’ordre politique c’est l’avènement de la Cité. Mais cette objectivité est rejetée comme absolue, comme en témoigne la condamnation de Socrate, et elle est réduite à une forme finie dans l’ordre politique et juridique romain. - Au Moyen Âge, l’objectivité est reprise, mais cette fois rendue acceptable par l’intervention de l’Autre absolu dans la Révélation chrétienne. Avec le Christ, la grâce s’adresse au sujet social lui-même, en introduisant la reconnaissance du péché et la nécessité du salut. Le savoir correspondant est un savoir théologique du réalisme : l’homme ne peut pas accomplir par lui-même les fins qu’il se donne. Cependant, cette vérité est à nouveau refusée dans la repaganisation de l’Église, où le religieux se mêle à des formes persistantes de domination et de sacrifice. - La modernité introduit alors le moment de la subjectivité absolue. Avec le doute cartésien, l’absolu est reconstruit à partir du sujet lui-même dans sa solitude. Le savoir devient cosmologique et solipsiste : le sujet reconstitue l’objectivité à partir de lui-même. Cette époque institue la Science comme forme sociale de l’universel. Mais cette subjectivité est à son tour réduite à une forme finie lorsque la science est mise au service de la domination et du progrès illusoire, refusant de reconnaître la finitude radicale. - À l’époque contemporaine, la vérité prend la forme de l’altérité absolue. Avec Kierkegaard et la pensée de l’existence, la vérité est reconnue comme venant de l’Autre, et le savoir devient psychologique et existentialiste : le sujet se comprend à travers son rapport aux autres et à l’Autre absolu. Cette structure fonde socialement la Démocratie, comprise comme reconnaissance de chacun comme individu capable d’œuvre. Mais là encore, le refus se manifeste sous la forme du nihilisme, des violences extrêmes et du retour du sacrificiel dans les formes modernes de guerre et d’idéologie. - Enfin, l’époque actuelle correspond au moment de l’identité vraie, avec l’affirmation freudienne de l’inconscient. Le savoir devient logique et structuraliste : la vérité est ce qui, refoulé, doit être répété et reconnu comme structure. Ce moment institue le Capitalisme comme forme sociale de l’universel — universel faux qu’il s’agit d’assumer et de dépasser — à condition qu’il soit régulé et soutenu par les institutions politiques, scientifiques et religieuses. La fondation de l’État d’Israël marque ici un événement décisif : elle accomplit la mission historique du peuple juif et signale l’entrée dans la fin de l’histoire. Mais le refus de l’identité vraie persiste, notamment dans les conflits contemporains et les formes nouvelles de violence, montrant que l’histoire n’est achevée qu’en droit et non en fait.
HISTOIRE, Judaïsme, Epoque, Philosophie
L’histoire universelle accomplit ce qui a été annoncé et préfiguré dans l’histoire juive : telle est la thèse juranvillienne. Cet accomplissement s’organise en cinq époques (antique, médiévale, moderne, contemporaine, actuelle) qui font écho aux grands moments de l’histoire biblique (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome). Elles correspondant chacune à une étape de la vérité (objectivité, objectivité médiatisée, subjectivité, altérité, identité) associée à un type de savoir spécifique (métaphysique avec l’idéalisme, théologique avec le réalisme, cosmologique avec le solipsisme, psychologique avec l’affirmation de l’existence, logique avec la découverte de l’inconscient et le structuralisme). Ces étapes se stabilisent au moyen d’institutions (respectivement : Etat, Église, science, démocratie, capitalisme), lesquelles endossent l’universalisation de la vérité tout en étant susceptibles d’être perverties. Car en effet, chaque époque comporte un double moment : d’abord l’accueil d’une vérité absolue introduite par une figure (Socrate, le Christ, Descartes, Kierkegaard, Freud), puis son rejet par le sujet social qui la réduit à une forme finie, reconduisant sous des formes nouvelles le paganisme et le système sacrificiel (condamnation de Socrate et interruption de la grande philosophie, repaganisation de l’église et gnosticisme, progressisme et refus du péché, nihilisme et refus de la finitude, terrorisme et refus de l’inconscient). L’histoire atteint théoriquement son terme avec la mondialisation et la réinstallation du peuple juif en Israël, mais demeure traversée par un refus persistant de l’identité vraie. L’histoire reste ainsi tendue vers son accomplissement eschatologique ultime, le Jugement dernier, qu’aucun humain ne saurait anticiper mais que la philosophie a pour tâche de penser et de justifier.
ELECTION, Grâce, Philosophie, Judaïsme
En tant que discours de l'élection, le discours philosophique pose - par grâce - le discours psychanalytique comme discours de la grâce, mais au-delà il dispense sa grâce à l'ensemble du monde social en posant l'histoire et la vérité de la révélation. De même que le monde chrétien a confirmé - par grâce - l'élection constitutive du peuple juif, avec la fondation de l'Etat d'Israël, après que celui-ci ait assumé jusqu'au bout son élection, jusqu'au sacrifice de l'holocauste. De même que le Christ - dont le propre est l'élection - a répété le don originel du Père - dont le propre est la grâce - par son propre Sacrifice (ou "grâce" de soi) et a donné aux hommes toutes les conditions pour recevoir à leur tour l'élection (et ainsi créer, par leur propre verbe, imitant le Verbe du Fils, qui lui-même répète en l'accomplissant la Création du Père).
ELECTION, Justice, Judaïsme, Philosophie, ROSENZWEIG
"La philosophie doit donc faire accepter de tous, à travers la grâce (d’abord chrétienne), l’élection (d’abord juive). Elle doit accomplir son acte en relation fondamentale avec la dualité du judaïsme et du christianisme. C’est la perspective que Rosenzweig a sublimement tracée dans L’Étoile de la Rédemption. Sauf que, pour lui, aucune société juste ne pourra jamais être instituée. Alors que nous l’affirmons et que, pour nous, dans cette affirmation réside, au-delà de toute grâce et de toute élection, la foi, depuis toujours, de la philosophie. Que dit Rosenzweig ? Que, d’une part, le peuple juif qui, le premier, a rompu avec le paganisme et accueilli la révélation, se serait d’emblée établi à la fin – le judaïsme, en cela, serait la « vie éternelle ». Et que, d’autre part, les autres peuples, qui ont été appelés, par le Sacrifice du Christ, à entrer dans la voie qui mène à cette fin, n’y parviendraient pas comme tels, seuls les individus de ce monde y accédant – le christianisme, en cela, serait la « voie éternelle ». Nous affirmons au contraire que la grâce dispensée par le Sacrifice du Christ, pour fausse qu’elle soit devenue et qu’elle devienne toujours à nouveau, permettra à la philosophie de conduire tous les hommes jusqu’à la société juste."
JURANVILLE, 2010, ICFH
ELECTION, Judaïsme, Christianisme, Grâce, LEVINAS
L'élection dont se réclame le peuple juif ne signifie pas une quelconque préférence de la part du divin, simplement que l'appel de ce dernier a été entendu seulement par les Hébreux (alors que tous les peuples de la terre étaient présents lors de la révélation au Sinaï, selon le Talmud). Si en soi l'élection est universelle, pour autant elle n'est pas égale, car elle repose à chaque fois sur une singularité qui, en assumant la responsabilité de la loi, la reconstitue dans son universalité. Cette difficulté à recevoir l'appel de l'Autre et son message d'universalité, que porte l'élection, s'explique par la finitude même de l'existant. Seule la grâce chrétienne, il faut le souligner, rend acceptable sinon assumable l'élection ; car si le sacrifice (et le pardon) du Christ n'élimine ni la finitude ni le péché des hommes, du moins les rend-il indéniables. Bien plus la grâce se fausserait si elle n'intégrait pas le principe de l'élection, puisqu'elle-même ne peut s'accomplir qu'à travers l'élection.
ELECTION, Judaïsme, Philosophie, Amour, ROSENZWEIG
"Ce peuple qui s'engage dans l'élection est, entraîné par Moïse, le peuple juif. Le judaïsme, religion de ce peuple, a pour nous comme contenu, avec l'élection et la Révélation qu'elle permet d'accueillir, la loi issue des commandements de l'Autre divin qui se révèle. Avant tout, pour Rosenzweig, du commandement de l'amour (« Aime-moi! »). Commandement paradoxal – mais dont le paradoxe se résout si l'on considère, d'une part, que le commandement vient de celui qui aime, en l'occurrence, l'« amant divin » ; et, d'autre part, qu'il provoque, en celui auquel il est adressé, et qui est aimé, une mutation, ce dernier se mettant à aimer à son tour. Le peuple juif, accueillant ainsi la Révélation, s'installe de ce fait à l'avance dans la Rédemption. « Vie éternelle», dit Rosenzweig du judaïsme."
JURANVILLE, UJC, 2021
ELECTION, Ethique, Judaïsme, Christianisme
L'accueil de l'élection, au plan de l'histoire, a été effectué par le peuple Hébreu devenu juif, quand il s'est approprié les commandements donnés par l'Autre divin dans la révélation du Sinaï. Il a fallu pour cela en payer le prix, subir le rejet sacrificiel des autres peuples et connaître l'exil de sa propre terre. Il est notable que le savoir essentiel, impliqué par l'élection, est prioritairement un savoir éthique, précédant toute métaphysique, et qu'il sera transféré comme tel à la philosophie. Reste que l'élection juive n'est universalisable que par la grâce issue du christianisme, et que le savoir éthique du judaïsme sera incorporé au savoir théologique du christianisme.
ELECTION, Démocratie, Judaïsme, Existence
Le monde contemporain repose sur l’idée que la vérité ne vient pas de l’homme lui-même, mais de l’Autre (Dieu, autrui, peuple) dont il est et se veut l'élu. C’est la logique que partagent à la fois la pensée chrétienne de l’existence et la pensée messianique issue du judaïsme. Cette même structure se manifeste dans la démocratie représentative et parlementaire, où les gouvernants cherchent, à travers le vote du peuple, la confirmation d’être les « élus » de l’Autre.
ELECTION, Sainteté, Judaïsme, Ethique, LEVINAS
"Le judaïsme par excellence incarne, pour Levinas et pour nous, cette exigence de sainteté. Et cela parce qu’il est porté par l’élection qui en est précisément pour nous l’essence. Il dit, comme nous le faisons après lui, que venant de l’Autre elle est dispensée à tous. Il ne dit pas, comme nous le faisons au nom de la Finitude (pulsion de mort) que primordialement rejetée par tous, elle est ensuite acceptée seulement par certains (Moïse et, après lui comme guide, le peuple hébreu) et par certains qui sont alors rejetés par les autres."
JURANVILLE, UJC, 2021
DEMOCRATIE, Individualisme, Cosmopolitisme, Judaïsme
"L'évidence (égalitaire) du prolétariat, l'idée que certes n'ont pas reçu les conditions ou en ont été privés alors que d'autres en regorgent, la recherche à ce propos d'un coupable, la certitude (païenne) qu'il y ou que c'est le "système", tout cela est aujourd'hui, après l'Holocauste et l'affirmation de l'inconscient, inacceptable. Certes il y a et il y aura toujours des luttes sociales à mener pour que certaines conditions soient données ou redonnées à tous. Mais chacun est, dans le monde actuel, renvoyé à sa responsabilité d'individu, qui a à ne pas céder à l'envie et à la haine contre l'"élu" (alors qu'il l'est lui aussi, s'il le veut, l'élu !). Mais la falsification sociale traditionnelle toujours présente de la grâce se manifeste, avec la fin de l'évidence du prolétariat par la venue au jour de l'individualisme. On n'y considère plus qu'on n'a pas reçu la grâce. Mais on s'arrête à celle qu'on a reçue, avec l'illusion qu'on n'a rien à faire de plus. On est devenu, par la grâce, principe et origine. Mais on ne veut pas voir qu'on ne l'est réellement, effectivement, que dans la mesure où l'on fait un travail, où l'on entre dans l'épreuve de la ladite finitude et où l'on découvre en soi l'Autre absolu, seul absolument principe et sans lequel on n'est pas soi-même principe. L'individu individualiste n'est pas l'individu véritable."
JURANVILLE, 2015, LCEDL
RELIGION, Christianisme, Judaïsme, Islam
La vérité des trois religions révélées (notamment la vérité théologique du christianisme, avec la Trinité) ne sera effective qu'à la fin de l'historie, quand elles auront surmonté les dangers de falsification qui leur sont propres, et quand elles auront reconnu le savoir universel de la philosophie. En ce sens elles s'accorderont alors avec les religions orientales humainement instituées, elles-aussi vraies : ainsi le christianisme, fondé sur la grâce au même titre que le taoisme (l'efficience du non-agir), mais menacé de repaganisation jusqu'à ce qui'il reconnaissance la vérité du judaïsme ; ainsi le judaïsme, fondé sur l'élection au même titre que le confucianisme (le pouvoir des lettrés), mais menacé de neutralisation jusqu'à ce qu'il reconnaisse la vérité du christianisme ; ainsi l'islam, fondé sur la foi au même titre que l'hindouisme (soumission à une puissance divine principe de toute chose), mais menacé de non-dépaganisation jusqu'à ce qu'il reconnaissance la double vérité du christianisme et du judaïsme (et politiquement l'existence de l'Etat d'Israël).
CHRISTIANISME, Altérité, Singularité, Judaïsme
L'on pouvait croire que le christianisme, religion de l'altérité découlant de la révélation, aurait su préserver historiquement cette altérité que les religions païennes avaient tant falsifiée. Il n'en a rien été car le christianisme s'est paganisé à son tour, en faisant de l'Autre divin une figure surmoïque et en désignant l'individu humain - nié dans sa singularité - comme sa victime sacrificielle. Afin de restituer l'individu dans sa singularité, en tant que porteuse d'altérité, le christianisme doit donc reconnaître la vérité du judaïsme, lequel se définit justement comme altérité et singularité.
CHRIST, Grâce, Pardon, Philosophie
"Saint Paul avait souligné lui-même qu’il n’avait pas, par la foi, aboli la loi . Mais il avait dit aussi que la loi, venue pour découvrir à l’homme sa finitude radicale, son péché, s’était heurtée à cette finitude, à ce péché, par quoi l’homme est toujours détourné d’œuvrer selon la loi ; que la loi avait été impuissante face au péché. Et que la grâce prend son sens là, de libérer les hommes, de sorte qu’ils pourront œuvrer selon la loi. La grâce, disons, affirme la vérité comme en l’autre auquel elle est dispensée. Elle le libère – c’est son efficace. Et notamment elle le met en position de reconnaître le savoir. Ainsi pour la grâce dispensée au sujet individuel par la psychanalyse ou discours psychanalytique du seul fait de l’affirmation de l’inconscient. Et de même pour la grâce que dispense la philosophie ou discours philosophique au sujet social, aux autres discours. Encore fallait-il, pour la philosophie, que le sujet social (le peuple) eût d’abord reçu cette grâce, expressément, de l’Autre absolu lui-même – et c’est ce qu’a fait le Sacrifice du Christ. Nous affirmons que la grâce dispensée par le Sacrifice du Christ, pour fausse qu’elle soit devenue et qu’elle devienne toujours à nouveau, permettra à la philosophie de conduire tous les hommes jusqu’à la société juste."
JURANVILLE, 2010, ICFH