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HISTOIRE, Événement, Sens, Savoir

L’histoire ne se déploie pas comme un processus continu, mais comme une succession d’événements, c’est-à-dire de ruptures irréductibles avec le savoir ordinaire. Une telle rupture advient comme révélation de la finitude radicale de l’homme, jusque-là refusée, et doit être comprise comme réalité au sens fort, puisque l’être humain est défini par cette finitude. Mais cette rupture vient en outre de l’Autre absolu, de sorte que le savoir nouveau qu’elle institue est un savoir du sens, fondé sur l’altérité. L’événement, en tant qu’unité de la réalité et du sens, constitue ainsi l’objectivité absolue de l’histoire et le lieu même de son accomplissement. Cependant, un événement n’est jamais isolé : il implique une structure double, où un second événement, terminal, vient répondre au premier, inaugural, afin d’inscrire la rupture dans le savoir. Or le premier événement essentiel, qui semblait avoir été accueilli par le sujet social — notamment dans la formation du peuple d’Israël et l’institution de la loi — se révèle en réalité refusé. Cette contradiction objective bloque le mouvement de l’histoire. C’est pourquoi un nouvel événement fondamental doit intervenir pour relancer ce mouvement : tel est le rôle de l’événement par excellence, le sacrifice du Christ, qui réintroduit la rupture au cœur du refus et permet à l’histoire de reprendre son cours.


“L’histoire se donne au savoir comme événement. Car comment la rupture, rendue impossible dans et par le savoir ordinairement reconnu, peut-elle advenir et prendre place dans un savoir nouveau ? Elle fait découvrir la finitude radicale dans laquelle on était pris et dont on « ne voulait rien savoir », et elle la fait découvrir comme radicale, comme appartenant à l’être de l’homme pris à sa racine. Elle advient donc comme réalité (puisqu’être et finitude définissent la réalité). Et, parce qu’elle vient de l’Autre (de l’Autre absolu avant tout), le savoir nouveau dans lequel elle prend place doit être savoir dans lequel cet Autre se pose avec toute son altérité, savoir du sens par conséquent (puisqu’altérité et position définissent le sens), du sens qui est au fondement de ce savoir et le déploie. Or réalité et sens, cela définit l’événement, qui est l’objectivité absolue de l’histoire et ce dans quoi elle s’accomplit.”
JURANVILLE, 2017, HUCM