Le manque fondamental de l’objet absolu s’éprouve certes d’abord dans le temps pur, le temps réel, mais il s’éprouve aussi dans un temps anticipatif qui est propre à l’imaginaire. Et cela parce que le manque dans le réel de la plénitude désirée court-circuite le processus même du désir, le tord dans le mouvement d’un retour sur soi, qui caractérise l’imaginaire. L’Autre, l’altérité de l’Autre n’apparaît plus comme ouverture temporelle et moteur principal du désir, mais laisse la place à son substitut, l’objet ‘a’ pulsionnel que le sujet détache imaginaire du corps de l’autre.
“L’imaginaire est essentiellement confrontation du peu d’être du désirant et de la plénitude anticipée de l’autre. Le propre de l’imaginaire, c’est justement de briser cette dynamique du temps où l’altérité de l’Autre est éprouvée en celui même qui désire. Dans l’imaginaire, l’altérité elle-même n’est qu’imaginaire. D’où la formulation de Lacan qui distingue l’autre imaginaire et l’Autre qu’il appellera symbolique.”
JURANVILLE, 1984, LPH
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