Juranville définit le langage comme un comportement particulier, non nécessairement verbal, qui consiste à poser un comportement comme signifiant en anticipant un autre comportement. Le langage n’est donc pas constitué par des mots isolés mais par une dynamique temporelle d’anticipation entre propositions et comportements. Il distingue plusieurs niveaux : la sensation, liée au passé et correspondant aux phonèmes ; la perception, liée au présent et aux structures grammaticales ; et l’imagination, rapport du corps au futur. Cette imagination produit l’image, non comme reproduction du réel mais comme structure signifiante anticipatrice composée de traits symboliques. L’image constitue le mode fondamental par lequel le langage anticipe son propre déploiement. En produisant l’image, le corps éprouve une jouissance propre qui définit le sujet comme sujet du signifiant. Le poète enchante parce qu’il communique, à travers les images produites par les mots, une jouissance du langage lui-même. Ainsi, le langage apparaît comme une structure temporelle, corporelle et imaginaire, fondée sur l’anticipation et la jouissance du signifiant plutôt que sur la simple transmission d’un sens.
IMAGE, Signifiant, Temps, Jouissance
“La consistance du corps avec le futur est imagination. Et c’est en tant que jouissance à l’image, à produire l’image, que le corps éprouve la jouissance absolue qui le caractérise comme sujet. C’est dans la production de l’image que la consistance du signifiant pur se pose comme telle. L’image, c’est en effet le mode selon lequel s’effectue l’anticipation du comportement linguistique, dans le langage. Le suspens accentuel par exemple, comme phénomène essentiel du langage verbal, fait imaginer. Elle est le comportement à l’avance pointé, en tant qu’il est anticipé.”
JURANVILLE, 1984, LPH
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