La psychanalyse repose sur une reconnaissance de l’inconscient comme appel symbolique, commandement et loi, et non comme simple répression. En référence aux Commandements du Décalogue, Lacan voit dans l’interdit de l’inceste la condition même de la parole libre et créatrice. Juranville rapproche cette idée du “commandement de l’amour” chez Rosenzweig : l’amour véritable transforme l’aimé et lui ouvre une identité nouvelle. Cependant, par finitude, l’homme rejette toujours d’abord cet inconscient, ce qui produit la sexualité pulsionnelle, où l’autre est réduit à un objet partiel de jouissance. Puis il dissimule ce rejet lui-même, d’où le développement de la libido comme quête illusoire d’une plénitude totale et absolutisation de l’objet partiel (équivalent à la “Chose” mythique et incestueuse).
INCONSCIENT, Commandement, Finitude, Amour
“Ces commandements, saint Matthieu les ramène tous, on l'a déjà dit, aux deux premiers qui, d'après saint Augustin, se confondent en fait ; et Rosenzweig, allant dans ce sens, les présente comme commandement de l'amour. Commandement paradoxal que Kant, avec sa loi morale, ne peut pas peser (« Il n'est au pouvoir d'aucun homme d’aimer simplement par ordre »), et que Rosenzweig éclaire sublimement : le commandement de l'amour, venu de l'amant, fait accéder l'aimé, par grâce, à une identité nouvelle et imprévisible, celle, à son tour, d'amant (« Seul celui qui aime, mais lui réellement, peut dire en effet : "Aime-moi" »). C'est ce commandement qui est au cœur de la pratique psychanalytique, avec l’affirmation de l'inconscient.”
JURANVILLE, 2017, HUCM
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire