MIRACLE, Providence, Philosophie, Psychanalyse, ROSENZWEIG

Toute philosophie suppose déjà le miracle, puisqu'elle naît d'un appel de l'Autre (comme l’appel de l’Etre selon Heidegger), ou de l'étonnement originaire, selon Platon. La philosophie classique ne reconnaît cependant pas explicitement cette dépendance à l'égard de l'Autre et réduit finalement le miracle à l'évidence de la raison. La pensée religieuse distingue au contraire les faux miracles, qui fascinent et enferment dans l'idolâtrie, des vrais miracles, qui ouvrent à l'éthique et à la raison. Car le véritable miracle n'est pas seulement un événement extraordinaire, la simple suspension des lois naturelles : il est un événement annoncé, qui accomplit une promesse et manifeste la Providence. Le miracle n’est remarqué et n’a de sens qu’en prenant place dans une histoire orientée par une intention divine. La psychanalyse lui accorde, au moins implicitement, une place décisive : elle montre qu'un rapport positif à l'existence et à l'inconscient peut surgir de manière imprévisible, tout en ayant été annoncé par le discours de l'analyste. 


“Rosenzweig avait souligné, à la suite d’Augustin, la différence (dans l’Exode) entre les faux miracles des magiciens de Pharaon et les vrais miracles de Moïse : les premiers ne se caractériseraient que par l’« écart par rapport au cours de la nature déterminé par des lois », les seconds se caractériseraient, eux, par le « fait qu’ils étaient prédits. » Le vrai miracle va dans le sens de la Providence, de la Raison divine (comme dit Hegel), d’autre part le vrai miracle est prédit, annoncé (« Le miracle est remarqué parce qu’il est prédit »).”
JURANVILLE, 2017, HUCM

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