OBJET, Signifiance, Identité, Chose

L’objet de désir ou d’amour est nécessairement signifiant pour le sujet qui lui octroie ses déterminations. Or pour devenir objet pour un sujet, il doit cependant s’effacer comme signifiant en soi et accepter d’apparaître comme non-signifiant, afin de recevoir des déterminations. Cette objectivation peut être vécue comme négative, puisqu’elle implique une soumission à la loi du monde de l’autre, mais elle doit finalement être assumée. Le sujet ne peut toutefois déterminer l’objet que parce qu’il y suppose derrière cette non-signifiance une signifiance pure, dont il cherche à reconstituer l’identité. Cette identité se reconstitue à travers la finitude, la répétition et l’articulation des signifiants. La réalité de la chose correspond à cette articulation, tandis que son unité se pose dans l’identité de l’objet. 


L’objet est ainsi signifiance et en même temps identité, identité de la signifiance. Signifiance qui, entrant librement dans l’épreuve de la finitude, se répète et s’articule jusqu’à se re-poser dans son identité. Telle est l’objectivité de l’objet. Où la réalité de la chose se retrouve dans le passage, imprévisible, d’un élément signifiant à un autre, dans l’« articulation des signifiants », et où l’unité de la chose se retrouve elle, comme posée, dans l’identité de l’objet. Une telle objectivité de l’objet est, pour Hegel, celle du ternaire du syllogisme, laquelle se pose en vérité, au-delà du mécanisme et du chimisme, comme téléologie. Elle est, pour nous, celle, en premier lieu, du quaternaire et, en second lieu, et plus absolument, du ternaire.”
JURANVILLE, 2000, JEU

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