GRAMMAIRE, Signification, Forme, Phrase

La reconnaissance universelle d’une signification essentielle passe par un travail de la forme qui constitue la grammaire (face à la logique, vérité de la forme). Mais c’est aussi une épreuve existentielle, une passion, permettant de reconstruire une identité vraie. La grammaire devient à ce compte la subjectivité absolue de la langue et le lieu de production de l’œuvre, où la phrase acquiert consistance et totalité. Mais le sujet fini refuse cette grammaire essentielle, la réduisant à un ensemble de règles abstraites, établies par les maîtres, ou la remplaçant par la logique, afin de préserver son identité immédiate. Même les tentatives de Rosenzweig et Heidegger échouent à en penser la vérité, faute d’en affirmer l’objectivité dans le savoir, et reconduisent ainsi le refus fondamental de la grâce.


“Comment parvenir à faire reconnaître universellement la signification essentielle d’abord rejetée au profit de la signification ordinaire ? L’existant le peut pour autant que, de cette signification-ci, il néglige le contenu, n’en considère que la forme et traverse dans cette forme tous les moments nécessaires pour recréer une identité (et donc une signification) vraie – moments qui sont ceux, on l’a vu à maintes reprises, d’une épreuve de l’existence, d’une « passion ». Or, de même que vérité et forme définissent la logique, signification et forme définissent la grammaire, qui est donc la subjectivité absolue de la langue et ce par quoi elle s’accomplit.”
JURANVILLE, 2017, HUCM

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