Dans l’hallucination psychotique surgit dans le réel le signifiant fondamental du Nom-du-Père, qui normalement introduit la loi symbolique et permet au sujet d’accéder à son statut de sujet désirant. Dans la psychose, ce signifiant n’entre pas dans le symbolique : la castration symbolique est ainsi évitée. La question est alors de savoir si cette forclusion correspond à un défaut originaire de la structure du sujet ou à un processus actif. Or Lacan lui-même soutient que la forclusion implique d’abord une expérience de la castration : le sujet a rencontré la menace qu’elle représente mais refuse de l’admettre dans son monde symbolique - ce qu’indique la formule « je n’en veux rien savoir ». L’analogie juridique du terme « forclusion » éclaire ce mécanisme : un droit peut exister mais ne plus être reconnu (par la justice) s’il n’a pas été revendiqué à temps. De même, dans la psychose, il existe bien un savoir de la castration, mais le sujet refuse d’en être le sujet. La forclusion apparaît ainsi comme la forme extrême de l’évitement de la castration, qui entraîne le retour dans le réel de ce qui a été rejeté du symbolique.
FORCLUSION, Nom-du-Père, Psychose, Castration, LACAN
“Le Nom-du-Père est forclos en raison même de ce qu’il signifie, soit la castration. Lacan lui-même indique que le psychotique doit avoir au moins une « expérience » de la castration, à partir de quoi s’effectue la forclusion (ou le rejet). Ainsi : « Il peut se faire qu’un sujet refuse l’accession, à son monde symbolique, de quelque chose que pourtant il a expérimenté et qui n’est rien d’autre en cette occasion que la menace de castration ». On pourrait certes objecter que le sujet ne peut refuser l’accession à son monde symbolique de ce qui fonde ce « monde symbolique ». Mais le point essentiel ici, c’est l’expérience de la castration, d’abord faite, ce qui suppose que le Nom-du-Père a été aussi posé comme la référence, de quelque manière. Lacan détermine la forclusion par la formule du « je n’en veux rien savoir ». Ce qui marque clairement le rejet de quelque chose qui a émergé et qui doit continuer selon un certain mode à être présent.”
JURANVILLE, 1984, LPH
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire