GENIE, Inconscient, Autre, Création

Le génie apparaît lorsque le sujet, conscient de sa finitude, accepte ce qui lui vient de l’Autre et qu’il ne peut produire par lui-même. Le sujet devient conscience en cherchant le sens vrai des choses, sens d’abord situé en l’Autre, sous la forme de l’inconscient. Mais cette dimension est d’abord rejetée par le sujet, qui refuse la dépendance à l’Autre qu’elle implique ; ainsi le génie possible est d’abord refusé. Si l’inconscient est ensuite accueilli, ce n’est pas par un développement naturel mais par un travail éthique répondant à l’appel de l’Autre. Ce n’est qu’alors qu’il devient, dans le sujet, génie, c’est-à-dire principe subjectif de la création. Ce génie se communique à l’Autre par l’œuvre et finalement par le savoir, l’oeuvre partageable par excellence.


Comment le génie peut-il se donner au sujet fini, si celui-ci doit prendre au sérieux sa finitude radicale, et si une autonomie nouvelle doit pouvoir, en même temps, lui venir, dans son immédiateté à lui, de l’Autre ? Comme l’inconscient lui-même. Car l’inconscient - c’est ainsi que nous l’avons présenté - est posé par le sujet devenu conscience quand, dans son mouvement vers le savoir, il se heurte à l’impossibilité d’atteindre, par lui-même, au sens vrai qu’il voulait. L’inconscient est alors, pour lui, ce sens vrai. Sens d’abord en l’Autre.”
JURANVILLE, 2000, INCONSCIENT

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire