HALLUCINATION, Signifiant, Perception, Réel, LACAN

Le langage structure toute expérience perceptive, jusque dans l’hallucination. Primordialement, c’est le signifiant qui suscite le désir. Mais ce désir vise un objet absolu qui s’avère manquant. Le réel est alors défini comme l’épreuve de ce manque ; plus précisément là où la plénitude était attendue, surgit un vide. Juranville définit le réel comme un temps vide qui, du fait de ce vide, se transforme en espace imaginaire. Dans l’hallucination, c’est un substitut de la Chose manquante, objet absolu du désir, qui surgit dans ce réel. Mais toute perception en général présuppose l’hallucination originaire de la Chose (elle n’est pas seulement un accident de la perception, ou une non-perception, mais sa condition fondamentale), comme elle présuppose le signifiant auquel fait référence la Chose, le signifiant de la loi ou Nom-du-père selon Lacan, absolument structurant pour le monde de la perception. A telle enseigne que, si ce signifiant fait défaut dans le registre symbolique du sujet, se produit l’hallucination psychotique, c’est-à-dire que ce signifiant surgit alors dans le réel, en lieu et place de la Chose.


Le monde de la perception suppose un signifiant qui demeure comme signifiant lors même que le manque de la plénitude de la Chose a conduit à l’hallucination (dont l’aspect « imaginaire » ne saurait être négligé, même si elle se produit dans le « réel »). Le signifiant qui garantit le monde de la perception est le Nom-du-Père, à quoi la Chose dans son écartèlement fait référence comme au signifiant pur. Le Nom-du-Père est le signifiant de la loi qui organise le monde pour un sujet, selon la continuité et l’anticipation propres au signifié.”
JURANVILLE, LPH, 1984

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire