La jouissance a bien un rapport avec le sensible et avec le corps, mais dans la mesure où celui-ci est le lieu d’une signifiance. “Un corps, cela se jouit. Cela ne se jouit que de se corporiser de façon signifiante” dit Lacan. Or la plénitude de la jouissance se déroule dans une temporalité non mondaine qui est épreuve du temps réel, une temporalité différente de celle du bonheur, laquelle se déroule dans le temps imaginaire. La jouissance du corps est donc toujours une jouissance du signifiant, qui “ne consiste pas simplement à être selon le signifiant, mais à poser le signifiant comme signifiant... c’est l’épreuve de la signifiance comme telle” précise Juranville.
“La jouissance du signifiant ne consiste pas simplement à être selon le signifiant, mais à poser le signifiant comme signifiant. C’est l’épreuve de la signifiance comme telle. Le temps réel n’y est autre que la position, qui n’est pas savoir, mais épreuve. Il ne saurait y avoir de savoir de la jouissance. Le savoir suppose l’émergence du signifié et le monde, la jouissance relève du signifiant. La jouissance est épreuve comme la souffrance, jouissance et souffrance étant les deux modes fondamentaux de toute épreuve. Position du signifiant comme signifiant, la jouissance correspond au troisième moment logique du désir (soit à son accomplissement).”
JURANVILLE, 1984, LPH
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