L'être, selon Heidegger, s'ouvre en un monde structuré par le « Quadriparti » (Terre, Ciel, Divins, Mortels). Dans ce monde sacré, les créateurs (poètes) et le peuple (gardiens) sont censés cohabiter dans l'attente des divins, sans idolâtrie. Cependant, Heidegger se méprend sur la nature de ce monde originel. Pour Juranville, le monde tel qu'il est spontanément est dominé par la pulsion de mort : c'est un monde sacrificiel et païen. L'erreur de Heidegger est d'avoir ignoré la rupture historique introduite par Socrate et par le Christ, qui a justement brisé ce paganisme. En voulant retourner à un « autre commencement » antérieur à la philosophie socratique, il laisse sa pensée se confondre avec la violence mythique. Cette position a une conséquence grave : en affirmant que « l'étant est sacrifié à l'être » pour assurer sa vérité, la pensée heideggerienne devient complice de la barbarie. C'est cette logique sacrificielle qui explique sa complaisance envers le nazisme, cette régression néo-païenne absolue.
ETRE, Monde, Paganisme, Nazisme, HEIDEGGER
"Parce qu’à la différence de Kierkegaard il n’est pas parti de la rupture avec le paganisme introduite par la venue du Christ (et déjà par l’émergence de Socrate et de la philosophie!), il laisse son monde toujours foncièrement le même se confondre avec celui du paganisme, ses idoles et sa violence sacrificielle. La philosophie qui, chez Heidegger, décrète sa fin et son remplacement par la « pure pensée », devient donc, sous ce nom, inévitablement complice de tous les paganismes, de tous les effacements sacrificiels de l’humain. Comme on peut le percevoir dans ce qu’il dit de l’« autre commencement », en deçà de la philosophie telle qu’elle fut fondée par Socrate et Platon: « Dans l’autre commencement, chaque étant est sacrifié à l’être ; et c’est cela seulement qui assure à l’étant comme tel sa vérité. » De là sa complaisance pour l’extrême de la régression néo-païenne que fut le nazisme."
JURANVILLE, 2024, PL
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire