Déjà pour Freud l’inconscient ne s’oppose pas à la conscience comme le non-sens s’opposerait au sens. Précisément l’inconscient, et ses manifestations comme les symptômes, ont un sens supposable mais non anticipable selon une temporalité ordinaire. L’inconscient n’est pas hors-sens, il est plutôt hors-monde. Le monde est le domaine des signes (les symptômes, au sens médical, sont de tels signes) accessibles à la conscience, tandis que l’inconscient est le domaine de signifiants dont le signifié (résultat de l’opposition des signifiants entre eux) ne saurait être anticipé.
“Si l’on précise donc ce qu’il en est de l’inconscient, il faut dire que c’est le réel en tant qu’il est irréductible, inconciliable à aucun monde. Freud a posé les phénomènes de l’inconscient comme des symptômes, et c’est là quelque chose d’essentiel. On voit en tout cas ce que Freud a apporté dans l’abord des phénomènes pathologiques comme « symptômes ». Symptômes, ils l’étaient déjà par un abord médical de la névrose. Le nouveau – et c’est cela l’inconscient –, c’est d’y découvrir un sens, plutôt d’y « supposer » un sens. L’inconscient comme symptôme : il s’agit d’un comportement ou d’un événement d’espèce ou d’origine psychique, qui ne saurait devenir conscient parce qu’il ne relève pas d’un sens anticipé.”
JURANVILLE, 1984, LPH
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