Dans la cure psychanalytique, l’inconscient apparaît comme l’Autre absolument autre par rapport à la conscience ordinaire. Il révèle la finitude radicale de l’existence, particulièrement présente dans la sexualité. Le patient, réduit par son symptôme à l’état de “déchet”, est pourtant posé par le psychanalyste comme capable de faire surgir une parole vraie. L’analyste ouvre cet espace en renonçant lui-même à la position de maître et de loi souveraine. La cure repose alors sur trois médiations fondamentales : la grâce, par laquelle l’analyste ouvre l’espace de la vérité ; l’élection, par laquelle le patient est supposé capable de s’arracher à la répétition du symptôme ; et la foi, par laquelle il peut croire que la vérité de l’inconscient finira par être reconnue malgré le rejet du monde social. Le psychanalyste donne ainsi toutes les conditions au patient pour qu’enfin, à l’issue de la cure, il puisse non seulement assumer sa finitude d’existant (ou sa “castration” de sujet désirant) mais aussi, au-delà de l’”argument kierkegaardien” excluant toute connaissance objective à partir de l’existence, en savoir quelque chose de suffisamment consistant et transmissible.
ANALYSE, Psychanalyste, Finitude, Connaissance
“Ce n’est que lorsque la pensée qui affirme l’existence affirme, en outre, l’inconscient, qu’elle peut enfin poser comme telle la connaissance essentielle, la poser comme universellement reconnue, dans toute son objectivité. Car l’inconscient permet, à la philosophie qui le reprend de la psychanalyse, de passer outre à l’”argument kierkegaaardien” revu par Lévinas, et de déterminer comment une objectivité vraie peut être posée comme telle.”
JURANVILLE, 2007, EVENEMENT
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