Il faut reconnaître à Rosenzweig un rôle décisif dans la philosophie contemporaine en ce qu’il réintroduit, à la suite de Kierkegaard et dans le prolongement de Hegel, une conception de l’histoire universelle fondée sur la révélation juive, reprise ensuite par la révélation chrétienne. Cette révélation institue une communauté réelle et une loi, réalisant d’emblée ce vers quoi l’histoire tend. L’histoire universelle devient alors le mouvement par lequel les peuples, notamment chrétiens, se rapprochent de cette fin déjà réalisée dans le judaïsme. Toutefois, Rosenzweig refuse la synthèse hégélienne : il ne reconnaît pas dans la Trinité chrétienne la matrice d’un savoir philosophique absolu. Il maintient au contraire une dualité irréductible entre judaïsme et christianisme, que les peuples chrétiens ne pourront jamais dépasser. Juranville d’en conclure : “il n’y a pas plus pour Rosenzweig de véritable fin de l’histoire que de savoir philosophique qui pourrait se poser comme tel.”
HISTOIRE, Judaïsme, Christianisme, Fin de l’Histoire, ROSENZWEIG
“Reste que Rosenzweig exclut de pouvoir poser, dans le prolongement de Hegel, la Trinité chrétienne comme la raison suprême du savoir philosophique nouveau rendu possible par le jeu de ces deux révélations. Que la dualité du judaïsme et du christianisme est pour lui le lieu d’une contradiction qui est absolue, les peuples chrétiens ne pouvant jamais (sinon tel ou tel individu de ces peuples) atteindre au but où s’est installé d’emblée le peuple juif. Et qu’il n’y a pas plus pour Rosenzweig de véritable fin de l’histoire que de savoir philosophique qui pourrait se poser comme tel.”
JURANVILLE, 2017, HUCM
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