EXISTENCE, Savoir, Identité, Inconscient

Comment peut-on parler d’un savoir de l’existence ? Tout existant est d’abord enfermé dans une existence fausse, structurée par une identité anticipative et illusoire qui exclut toute altérité essentielle et réduit l’Autre au Même. La critique de cette identité fausse constitue bien une première figure du savoir de l’existence, mais seulement comme savoir négatif. Le savoir positif de l’existence ne devient possible qu’à partir de la position explicite de l’identité vraie, communiquée par l’Autre absolu, à partir de laquelle la finitude peut être librement voulue et objectivement sujette à savoir. Par ailleurs ce savoir ne peut être consistant et objectif qu’à condition de se fonder sur l’inconscient, entendu non comme donnée psychologique, mais comme essence de l’existence et principe structural du savoir de l’existence.


Autre absolu qui, d’une part, dénonce cette clôture dans une identité fausse comme refus de l’Autre et finitude radicale – au sens d’une finitude comme fait brut, d’une finitude qui n’est pas d’emblée librement voulue et qui, bien plutôt, se fuit d’abord elle-même (c’est le désespoir selon Kierkegaard, la non-vérité selon Heidegger, la pulsion de mort selon Freud). Et Autre absolu qui, d’autre part, appelle l’homme, le fini, l’existant, à s’ouvrir à l’altérité de tout Autre et à constituer peu à peu, dans l’épreuve imprévisible de la finitude radicale, une identité nouvelle et vraie, ouverte à l’Autre. Et il ne devrait plus y avoir, pour faire de l’existence, qui est ainsi altérité et en même temps identité, l’objet d’un savoir, qu’à poser comme telle cette identité nouvelle et vraie à partir de laquelle serait revoulue toute la finitude de l’existence effective – identité qui serait alors le principe fondateur du savoir. Nous avons alors apporté une réponse plus particulière, par l’inconscient.”
JURANVILLE, 2007, EVENEMENT

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire